Industrie : La chaîne logistique, un enjeu de compétitivité pour l’export ?

Contribution de Karine Balmes – Réflexion sur le rôle de la chaîne logistique dans la performance de l’activité Export. Article de Jérôme Taillandier (29/09/2016)

Industrie : La chaîne logistique, un enjeu de compétitivité pour l’export ?

Industrie : La chaîne logistique, un enjeu de compétitivité pour l’export ?

Published on September 29, 2016

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Par Jérôme Taillandier

Dans nombre d’entreprises, les processus sont formalisés à un moment donné -implémentation de nouveaux systèmes d’information par exemple- puis laissés de côté, et le tacite reprend le pas sur l’explicite, source d’accroissement des délais et de baisse de la qualité. Rarement l’entreprise profite de leur modélisation pour en automatiser la formalisation. Dans le cas de la chaîne logistique, la non-performance de l’organisation génère une perte de chiffres d’affaires à l’export. Voici trois leviers significatifs pour y remédier.

 1- Disposer au bon moment d’une information fiable

Il est fréquent de devoir aller chercher soi-même une information importante que l’on espérait recevoir ou de constater des allers-retours pour vérifier une information. Ne pas avoir au bon moment la bonne information est coûteux pour l’entreprise, nécessitant une analyse chronophage de la façon dont les informations sont acheminées vers les différents partenaires et des données figurant sur le document.

Prenons l’exemple d’une facture. Le service comptabilité produit et transmet une facture matérialisée par un flux financier vers l’entrepôt, qui peut être dans et hors de l’entreprise. Le transporteur la récupère ensuite avec l’ensemble des documents liés à l’expédition. Le commissionnaire en douane retraite l’information pour déclarer la marchandise, et  a l’obligation de vérifier la cohérence des informations et documents transmis, ce qui peut engendrer un délai supplémentaire, si ceux-ci ne sont pas conformes.

 2- Tirer profit au maximum des accords préférentiels

Des accords préférentiels réciproques existent entre l’Union Européenne et d’autres pays partenaires. En bénéficier requiert la mise en œuvre de certaines dispositions. Leur non respect vient, comme précédemment, allonger les délais de traitement.

Pour bénéficier de l’origine préférentielle européenne, il faut pouvoir retracer toutes les opérations faites sur la marchandise pour prouver  son origine Union Européenne. Le Service Achats de l’entreprise doit être en mesure de préciser l’origine des composants en vue de déterminer la part des composants  non originaires de l’Union Européenne et qui selon son importance peu donner droit ou non à l’application d’un droit réduit ou nul à l’arrivée dans le pays de destination.

Tracer la provenance des composants d’une marchandise peut se faire  au travers d’un  Warehouse Management System (WMS), -système d’information dédié à la traçabilité de la marchandise dans l’entreprise- ; également par des outils spécifiques de gestion des opérations douanières comme Conex, Easylog, SAP GTS, par exemple. L’association de ces outils informatiques permet de tracer la marchandise de bout en bout de la chaîne logistique au cours des différentes transformations qu’elle subit et de déterminer de manière très précise son éligibilité aux avantages douaniers.

Disposer de tels outils est un vrai avantage concurrentiel : une PME capable de tracer la provenance des composants de ses produits témoigne à ses clients de sa bonne gestion et de sa capacité à être plus compétitive en pouvant garantir l’application des exonérations de droits et de taxes contenus dans les accords douaniers préférentiels.

3- Bien connaître les Incoterms

Les Incoterms (« International commercial terms »), qui définissent les obligations entre l’acheteur et le vendeur, participant à des échanges internationaux. Ils définissent la prise en charge des coûts et des risques, (formalités douanières, transport, assurance, etc.). Bien connus et compris de la chaîne logistique, ils permettent de rester dans les coûts prévus au contrat.

Il n’est pas rare en effet que l’entreprise finisse par payer davantage que prévu, par exemple en cas de non diffusion auprès de la chaîne logistique d’Incoterms qui auraient fait l’objet d’un avenant. A l’export, notamment, le bon respect des Incoterms requiert une bonne coordination entre l’administration des ventes, le service juridique et la chaîne logistique, que peut garantir un traçage dans les systèmes d’information.

 Source : échange avec Karine Balmes, Customs&Business Development